LES TOISONS D’HEURES
                                                                   HÉLÈNE LAMARCHE


Créations textiles en écho à des phrases de JEANNE BENAMEUR Avec les bijoux d’ISABELLE MABILLE
28 septembre > 18 novembre 2018

Du 28 septembre au 18 novembre 2018, l’Institut Culturel Bernard Magrez, invite Hélène Lamarche à présenter ses émouvantes créations textiles en écho aux phrases de Jeanne Benameur et avec les bijoux d’Isabelle Mabille dans le Pavillon de La Boétie.

 

Hélène Lamarche, agrégée d’arts plastiques, est à la fois enseignante en cinéma et plasticienne. Elle explore diverses pratiques artistiques : peinture, gravure, sculpture, installations lumineuses, théâtre d’ombre et cinéma d’animation. Depuis quelques années, le textile et la broderie occupent une place privilégiée dans sa création à travers l’élaboration notamment d’un « Cabinet de curiosités » : les « Monstres en pots », les « Petites entomologies », les « Trophées », les « Biens aimés ».

Les Toisons d’heures font partie d’une série d’oeuvres qui a débuté à l’automne 2014.
Au départ il y a la redécouverte du travail de Sonia Delaunay, dont l’exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris mettait en lumière le dialogue entre différentes formes d’art (architecture, design, peinture, littérature...). Le désir également de partager, avec l’auteur Jeanne Benameur, une création qui explorerait les liens entre le travail des mots et celui de la matière. Tout d’abord il y a une phrase mise en jeu qui est la source d’inspiration. C’est une phrase ouverte, sujette à interprétation qui s’offre comme un haïku. Elle donne des directions mais n’enferme pas, elle ouvre des possibles. Par un phénomène d’écho, se dessine plus ou moins lentement, plus ou moins précisément, un paysage visuel et sonore. L’image, petit à petit, remonte à la surface à la manière d’un nymphéa. Il faut alors la contenir avec assez de force pour qu’elle ne s’échappe pas et puisse prendre corps. Le processus s’est mis en place au rythme des saisons qui sont venues en imprégner les créations.
Les Toisons d’heures, vêtements portables mais pas nécessairement portés, sont toutes régies par un ensemble de règles, comme un jeu. Elles sont la métaphore de secondes peaux, souples, colorées, aérées, filtrant les émotions et protègeant du monde.
Phrases et textiles, segments de textes et souvenirs d’étoffes se mêlent. A partir de ces correspondances, commence un travail de création en lien avec le bijou. Créé pour être porté, le bijou a ici une fonction utilitaire. Il répond à un besoin de fermeture du vêtement et entre directement en rapport avec le corps sans lequel il n’existe pas en tant que tel. Objet de décor, il peut aussi raconter une histoire, trouver sa place dans cet entre-deux et pour lui-même. Isabelle Mabille, bijoutière de formation, s’est alors embarquée avec les deux artistes dans cette odyssée.

    

                    

 

 

Programme culturel deuxième semestre 2018

Les inscriptions se font auprès de Martine Lamarche par courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou au Tel. 06 81 96 88 22 
Nous vous rappelons que ces manifestations sont réservées aux membres de l'association à jour de leur cotisation.
Pour adhérer ou renouveler votre adhésion vous pouvez vous connecter sur le lien :
http://www.amis-musee-aquitaine.com/index.php/adherer/bulletin-d-adhesion

Vendredi 7 septembre
14h30 – visite de l’exposition « Légendes urbaines », sous la conduite d’Adélaïde Sieber, directrice de la Base sous-marine.
Tarif : 5 € pour la visite commentée, l’entrée à la Base sous-marine reste à votre charge
Base sous-marine

Jeudi 13 septembre
14h00 – visite de l’exposition « De La lumière » de l’artiste Guillaume Toumanian, Grand Prix Bernard Magrez 2017, sous la conduite de l’artiste.
Institut Culturel Bernard Magrez

Dimanche 16 septembre
11h30 – A l’occasion des Journées du Patrimoine, l’association Escales des artistes de Bordeaux, invite les Amis du musée d’Aquitaine à une rencontre privée autour d’une œuvre de l’artiste bordelais Rodolphe Martinez, exposée dans l’exceptionnelle Villa Capeyron-Blanc de Mérignac.
C'est en avant-première de l’exposition « Signes », qui se tiendra du 1er octobre au 30 novembre 2018 à l’Espace Beaulieu, que les propriétaires, Pascale et Jean-Pierre Rousseau de ce joyau art-déco de l’architecte bordelais Raoul Perrier  vous invitent à découvrir leur demeure qui servira d’écrin à la création de l’artiste : « Totem ».
Limité à 30 personnes maximum
Mérignac, Villa Capeyron-Blanc, 65 ter, avenue du Truc (impasse située au niveau du 67)

Mercredi 26 septembre
18h30 – vernissage de l’exposition « Les Toisons d’Heures », de l’artiste Hélène Lamarche, créations textiles en écho à des phrases de Jeanne Benameur avec les bijoux d’Isabelle Mabille (voir complément d'information).
Institut Culturel Bernard Magrez

Mercredi 3 octobre
18h30 – Vernissage de l’exposition « Signes » de l’artiste Rodolphe Martinez
Espace Beaulieu, 145 rue de Saint-Genès, Bordeaux

Lundi 8 octobre
14h00 – Visite guidée de la nouvelle salle du Palais des Sports de Bordeaux suivie de celle des retables de l’Eglise Saint-Paul Saint-François-Xavier, sous la conduite de Julie Guiroy
Durée de chaque visite : 1h/1h30
Groupe limité à 25 personnes maximum
Tarif : 10 € par personne
Rendez-vous à l’entrée du Palais des Sports, Place de la Ferme Richemont

Vendredi 12 octobre
14h30 – visite de la fresque et des huiles sur toile d’André Lhote, sous la conduite de Robert Coustet
Rendez-vous à la Faculté d’odontologie entrée 29 rue Elie Gontrac

Jeudi 18 octobre
14h30 – visite de l’exposition « Aux sources des fontaines de Bacalan – Clémence van Lunen », sous la conduite de Caroline Fillon
Groupe limité à 20 personnes
Tarif : 5 € pour la visite commentée, l’entrée au Musée des arts décoratifs et du design reste à votre charge
Musée des arts décoratifs et du design

 Mardi 23 octobre
14h30 – visite de l’exposition « Nature morte ou le préfixe conceptuel de l’art romantique », suivie de la visite du domaine et d’une dégustation
Tarif : 15 € par personne
Moulis en Médoc, Centre d’art du domaine de Château Chasse-Spleen

Samedi 10 novembre
11h00 – visite commentée de l’exposition « Signes », sous la conduite de l’artiste Rodolphe Martinez
Gratuit
Espace Beaulieu, 145 rue de Saint-Genès, Bordeaux

Mardi 13 novembre
14h30 – visite de l’exposition « Les Toisons d’Heures », de l’artiste Hélène Lamarche, créations textiles en écho à des phrases de Jeanne Benameur avec les bijoux d’Isabelle Mabille. Sous la conduite de l’artiste.
Institut Culturel Bernard Magrez

Samedi 17 novembre
10h45 – promenade patrimoniale et architecturale du nouveau Quartier des Bassins à flot, sous la conduite d’Adeline Falières
Durée de la visite : 1h30
Groupe limité à 25 personnes maximum
Tarif : 5 € par personne
Rendez-vous devant la Cité des Civilisations et du Vin

Vendredi 23 novembre
15h30 – visite de l'exposition « Suzanne Lafont. Nouvelles espèces de compagnie », sous la conduite d’Isabelle Beccia
Tarif : 5 € pour la visite commentée, l’entrée à la Galerie des Beaux-Arts reste à votre charge
Galerie des Beaux-Arts

Mercredi 28 novembre
14h30 – visite de l’exposition « Jack London dans les mers du Sud », sous la conduite de Paul Matharan
Gratuit
Musée d’Aquitaine

Lundi 10 décembre
14h30 – visite de la Fonderie des Cyclopes, coulée du métal en fusion, visite de l’atelier avec explication des différentes étapes de la fonderie.
Durée de la visite : 1h30
Limité à 20 personnes minimum / 27 personnes maximum
Tarif : 15 € par personne
La Fonderie propose aux adhérents de l’association qui le souhaiteraient une reproduction de petite pomme de pin (4-5 cm) réalisée par la Fonderie au prix de 10 €
Rendez-vous à la Fonderie des Cyclopes, 13 Bis, Route de Pessac, 33700 Mérignac

 

Nous vous rappelons que ces manifestations sont réservées aux membres de l'association à jour de leur cotisation 2017.
Pour adhérer ou renouveler son adhésion vous pouvez vous connecter sur le lien :
http://www.amis-musee-aquitaine.com/index.php/adherer/bulletin-d-adhesion

 

 

Le 10 juillet 2016

 

Chères amies, chers amis,

Le Musée d’Aquitaine a décidé de restaurer le cénotaphe de Michel Eyquem de Montaigne qui se trouve actuellement exposé dans le Musée.

L’Association des Amis du Musée d’Aquitaine est partie prenante de cette réalisation exceptionnelle pour un monument remarquable, et va apporter tout son soutien à cette entreprise.

Nous comptons sur vous pour faire connaître cette opération et lui donner la plus large audience possible ; à savoir en parler autour de vous, à vos familles, à vos amis, à vos relations, en leur suggérant d’en parler à leur tour à leurs amis et relations pour provoquer un « effet boule de neige ». Il est très important que cette restauration trouve le plus grand écho et soit l’occasion de mieux faire connaître la place et l’importance du Musée d’Aquitaine et de notre Association.

Tous les détails de cette réalisation, qui va débuter en octobre, vous seront présentés le mardi 27 septembre à 18 heures dans l’auditorium du Musée d’Aquitaine.

Notre président Jean-Bernard Marquette présentera sa conférence, "Où reposer en paix? Du couvent au musée: l'étrange destin des cendres et du cénotaphe de Montaigne (1593-2016)", et notre vice-président Robert Coustet traitera de l’architecture du monument.

François Hubert, Directeur du Musée d’Aquitaine, Katia Kukawka, Directrice Adjointe et Sophie Fontan, Chef de projet numérique et événementiel - Assistante de conservation, nous détailleront le déroulement de cette mise en œuvre qui sera relayée par les media sous des formes multiples et dont la finalité, en plus de faire connaître le Musée et la restauration du cénotaphe, sera de porter une opération de financement participatif pour équilibrer le budget des travaux. Il vous sera remis à cette occasion un support sous forme de prospectus contenant tous les renseignements.

Retenez dès aujourd’hui cette date afin de venir nombreux assister à cette manifestation qui sera suivie d’une réception. Vos amis et tous ceux qui s’intéressent à Michel de Montaigne seront les bienvenus.

 

 

Épée dite Épée de Castillon, milieu du XVe s.

Fer (monture), Acier forgé (lame)

Longueur totale 94 cm, poids 1150 gr

Fusée : L. 9 cm, l.1,5 cm à 2,5 cm

Monture L.15 cm

Pommeau : diamètre 6,5 cm

Lame : L. 78 cm, l. 5 cm

Garde : envergure 15,5 cm

Position du centre de masse (par rapport à la croisée) : 8 cm

Marque d’atelier insculptée près de l’arête centrale de la lame au recto et au verso

Provenance : Vente aux enchères Fischer Kunst-und Antiquitätenauktionem (Lucerne, Suisse) le 11 septembre 2015 (lot 1128). Avant : Vente Christie's de Londres en 1981

Participation de l’Association des Amis du musée d’Aquitaine pour le règlement des frais d’acquisition (20% du prix) lors de l’achat de l’œuvre par la Mairie de Bordeaux aidée par les subventions du FRAM et du Fonds du Patrimoine.

Inv. 2016.1.1

 Epée

 

C’est une découverte fluviale fortuite qui est à l’origine de la mise au jour de cette épée, récemment acquise par le musée d’Aquitaine avec la participation de l’Association. En 1973, un ensemble d’environ 80 épées, dont certaines possédant encore leur fourreau, est retrouvé dans la Dordogne, aux environs de Castillon lieu du dernier combat de la Guerre de Cent Ans, le 18 juillet 1453. Ces armes étaient transportées dans des coffres, sur une barge qui avait fait naufrage et leur trouvaille resta secrète jusqu’à la vente de six épées à Genève en 19771. Malheureusement dispersées en ventes publiques, ces épées appartiennent, dans leur grande majorité, à des collectionneurs privés. Quelques exemplaires sont cependant conservés dans des collections publiques : deux épées sont dans les collections du musée de l’Armée de Paris (J 21592, 22111), une est à la Wallace Collection de Londres (A.462), quatre épées et un fauchon sont conservés au Royal Armouries Museum de Leeds (IX 1787, IX 2225, IX 2638, IX 3683 et IC 5409). Mais les exemplaires répertoriés sont assez nombreux pour que le britannique Ewart Oakeshott ait pu établir une classification typologique spécifique, à l’intérieur même de cet ensemble.


Si des traces de corrosion, dues à la longue immersion dans la Dordogne, affectent en certains endroits sa structure, l’épée apparaît cependant en très bon état de conservation. Selon Fabrice Cognot2, « si l’objet se retrouve rapidement recouvert par la vase, en l’absence de gravier, bulle d’air ou autres phénomènes pouvant permettre l’arrivée d’oxygène, les réactions chimiques se produisant entre les éléments contenus dans le milieu, et la couche de corrosion qui se forme sur sa surface résultent parfois en la production d’une pellicule extrêmement résistante d’oxydes qui empêche toute corrosion interne ultérieure ». Cette arme semble avoir été relativement préservée des dégradations.

schéma

 

L'imposant pommeau discoïdal est chanfreiné, en son centre s’ouvre un évidement destiné à recevoir un décor rapporté tel un disque de métal ; plus rarement, il pouvait abriter une relique. Conçu à l’origine pour empêcher l’arme de glisser de la main, il équilibre la lourde lame, jouant le rôle de contrepoids lors du maniement de l’épée.

 La soie, étroit prolongement brut de la lame, est de forme triangulaire et va en s’amincissant pour traverser le pommeau. Au-dessus, elle est matée par un rivet pyramidal faisant saillie qui solidarise la lame à la monture. A l’extrémité inférieure du pommeau, le manque de matière a été comblé par un matériau synthétique lors d’une restauration. Pour une meilleure préhension, la soie était recouverte d’une poignée en matériau périssable qui a disparu. Ordinairement en bois, la fusée était collée sur la soie et revêtue de cuir, d’anneaux de métal ou de fils de fer tressés.

La garde qui permet de garder la main en place et de parer les coups de l’adversaire, est simple et offre un schéma cruciforme. Sans écusson, de section hexagonale, elle s’élargit en son centre marqué par une arête et est percée d’une cavité faite pour recevoir la soie.Les quillons s’arrondissent à leur extrémité, pour se recourber à angle droit vers la pointe.

La lame, de forme triangulaire et de section losangique, est renforcée par une forte arête médiane jusqu’à son faible, à hauteur de la pointe. On relève une marque d’atelier apposée de façon identique sur les deux faces de la lame, sur son tranchant droit, près de l’arête, à environ 22 cm de la garde.

  Pommeau  Garde Soie - pommeau

Cette lame aiguë, conçue pour transpercer, se place dans la longue évolution de l’armement et des techniques de combat. Jusqu’à la fin du XIVe s, la plupart des épées sont conçues pour une escrime de taille privilégiant les tranchants de la lame. Au cours du XIVe s, l’équipement du chevalier évolue avec l’adoption de protections rigides, l’armure de plates, et les coups de taille ne suffisent plus ce qui explique l’apparition de l’épée d’estoc (pointe). Sa lame effilée est conçue pour percer, pénétrer dans les points faibles de l’armure pour disjoindre les pièces et blesser le chevalier. La lame s’allonge, devient pointue, l’arête médiane remplace la gouttière et le pommeau s’alourdit pour contrebalancer le poids de la lame.


Cette épée, destinée principalement à l’estoc tout en conservant d’excellentes qualités de taille, entre dans l’un des types de la classification générale d’Ewart Oakeshott. Prenant la suite chronologique de Jan Petersen, Ewart Oakeshott classe les épées du Xe au XVe s en types (X à XXII) principalement en fonction de la silhouette et de la section de la lame. Il propose une typologie séparée pour les pommeaux (de A à Z) ainsi que 12 styles de gardes. Cette épée possède les caractéristiques du type XV : une lame triangulaire à tranchants droits et section losangique à pans plats ou concaves, à pointe prononcée. Si ce type apparaît dès la fin du XIIIe, son usage se développe aux XIV et XVe s et disparaît au début du XVIe s.

Il est plus difficile de catégoriser le pommeau et la garde qui n’appartiennent pas à des types purs. Si la garde se rapproche du style 8, elle n’en possède pas l’écusson. Quant au pommeau, son volume l’apparente au type globulaire R mais les rebords talutés l’en différencient.

A l’intérieur même du groupe d’épées retrouvées près de Castillon et connues à ce jour, l’épée du musée d’Aquitaine appartient au groupe A, caractérisé par un pommeau en forme de disque, des quillons assez longs repliés vers la lame et une lame large.

marque d'atelier La marque d’atelier insculptée près de l’arête des tranchants se retrouve identique sur une l’épée de la Wallace Collection (A462) ainsi que sur un exemplaire conservé dans à une collection privée et publiée par E. Oakeshott3. Sir James Mann4 cite encore un autre exemple présentant une marque similaire et autrefois dans la collection Laking. L’arme a été publiée par le collectionneur, Sir Guy Francis Laking5 ainsi que par Alan Williams6.

Selon le Dr. Stephan Mäder, expert lors de la vente de notre épée par la Galerie Fischer7, cette marque présenterait des ressemblances étroites avec les signes des tailleurs de pierres des XIVe et XVe s mais actuellement, aucune étude ne permet de préciser ce rapprochement.

 A quelle date, pour qui et dans quel pays a été fabriquée cette épée ?

Si leur seule découverte à proximité de Castillon ne signifie pas que les armes aient un lien direct avec la bataille, leurs caractères typologiques correspondent cependant bien à cette période de la moitié du XVe s et peuvent se placer dans la fourchette chronologique 1425-1460.

Nous ne savons pas à qui appartenaient ces armes. Deux hypothèses ont été avancées. Selon Olivier Renaudeau8, les épées auraient été embarquées sur une barge destinée à ravitailler l’une des deux armées, française ou anglaise, au moment des derniers combats de la guerre de Cent Ans. Pour Fabrice Cognot9, il s’agirait d’une partie du butin pris par les Français après leur victoire.

 Où a-t-elle été fabriquée ?

Seule l’identification de la marque d’atelier permettrait de préciser l’origine de notre épée. Les armes sont au centre d’échanges culturels et économiques complexes, les lieux d’extraction du minerai, les ateliers de transformation et d’assemblage sont différents. Dans une même arme, lame et garde pouvaient avoir des origines différentes. Pierre Contat10 nous rappelle que la réputation de certains forgeurs d’armes (Solingen, Milan, Tolède...) était telle que les fourbisseurs pouvaient leur commander des « faisceaux » de lames nues pour y monter la garde.

 

L’épée peut sembler n’être qu’un outil assez commun dont l’usage premier est le combat (guerre, chasse ou tournoi) mais en réalité, elle est beaucoup plus que cela. Au-delà des nombreux symboles qu’elle matérialise ou des mythes dont elle peut être investie, elle représente le chevalier (Excalibur, l’épée du roi Arthur ; Durandal, celle de Roland ; Joyeuse, l’épée de Charlemagne devenue l’une des regalia du sacre des rois de France....). Dans Las Siete Partidas, rédigée dans la seconde moitié du XIIe s, Alphonse X le Sage, roi de Castille et Léon, établit un parallèle entre les quatre vertus que doit posséder un chevalier, force, sagesse, courage et justice et les quatre éléments de l’épée, pommeau, poignée, garde et lame.

Cette épée, qui dans notre imaginaire s’identifie à la chevalerie, conserve une partie de son mystère. Cependant le lieu et les conditions de sa découverte, son lien probable avec la dernière bataille de la Guerre de Cent Ans, son excellent état de conservation ainsi que ses qualités formelles, en font un témoin important de l’histoire de l’Aquitaine médiévale.

C.B.

Les photographies sont de l'auteur

1. Cognot Fabrice, L’armement médiéval : les armes blanches dans les collections bourguignonnes. Xe - XVe siècles. Archéologie et Préhistoire. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2013, p. 106
2. Cognot Fabrice, op. cit. p. 49
3. Oakeshott Ewart, Records of the Medieval Sword, p. 131, n° XV.5
4. Mann James, Wallace Collection Catalogues : European Arms and Armour, London, The Wallace Collection, 1962
5. Laking Guy Francis, A record of European arms and armour through seven centuries, vol. II, 1920-22, London, Bell and soons, p. 287, fig. 668
6. Williams Alan, The sword and the Crucible : a history of the Metallurgy of European Swords up to the 16th century, 2012, p. 249, n° II.B.7, fig.35
7. Mäder Stefan, Catalogue de vente de la Galerie Fisher, Antike Waffen und Militaria, 10. Und 11. September 2015, Luzern, 2015, p. 48-49, n° 1128
8. Chevaliers et bombardes. D'Azincourt à Marignan, 1415-1515, catalogue d’exposition, Musée de l’Armée du 7 octobre 2015 au 24 janvier 2016, Paris, Gallimard / Musée de l'armée, 2015, p.197, n°43
9. Cognot Fabrice, op. cit. p. 106
10. Contat Pierre, "Recherches sur quelques épées du XVe s conservées en Valais" in Annales valaisannes, 1960, p. 625-648, p. 643 

Bibliographie

Alfonso X el Sabio, Las Siete partidas del rey don Alfonso el Sabio, Paris, Rosa Bouret y Cia, 1851, t. II, p. 221, titre XXI, loi IV.

Chevaliers et bombardes. D'Azincourt à Marignan, 1415-1515, catalogue d’exposition, Musée de l’Armée du 7 octobre 2015 au 24 janvier 2016, Paris, Gallimard / Musée de l'armée, 2015.

Cognot Fabrice. L’armement médiéval : les armes blanches dans les collections bourguignonnes. Xe - XVe siècles. Archéologie et Préhistoire. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2013.

Fischer, Antike Waffen und Militaria, 10. und 11. September 2015, Luzern, 2015, p. 48-49, n° 1128.

Laking Guy Francis, A record of European arms and armour through seven centuries, vol. II, 1920-22, London, Bell and soons, p. 287, fig. 668.

L’Épée. Usages, mythes et symboles, catalogue d’exposition, Musée de Cluny-Musée National du Moyen Age du 28 avril au 26 septembre 2011, Paris, RMN, 2011.

Mann James, Wallace Collection Catalogues : European Arms and Armour, London, The Wallace Collection, 1962.

Martial de Paris, dit d'Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, fin du XVe s.

Oakeshott Ewart, Records of the Medieval Sword, Woodbridge, 1991, p. 128 et 131.

Oakeshott Ewart, The Sword in the Age of Chivalry, The Boydell Press, Woodbridge, 1997.

Williams Alan, The sword and the Crucible : a history of the Metallurgy of European Swords up to the 16th century, 2012, p. 249, n° II.B.7, fig.35.

 

Pierre Charles Marie, dit René PRINCETEAU  (Libourne, 18 juillet 1843 - Fronsac,  31 janvier 1914)

Bœuf labourant

Huile sur toile, 160 x 300 cm

1890

Signé et daté en bas à gauche : Princeteau. 1890

Dans son cadre d’origine

Origine de l’œuvre : Commande faite à Princeteau par la Caisse d’Epargne de Libourne en 1890. Tableau resté propriété de la Caisse d’Epargne depuis cette date.

boeuf labourant de Princeteau

 Tableau in situ caisse d'épargne

 

Le musée des beaux-arts de Libourne possède à ce jour 31 toiles et 115 dessins de René Princeteau. La dernière acquisition a pu être réalisée en 2014, grâce à une souscription publique et l’aide de l’association des Amis du musée. Il s’agissait alors de faire rentrer dans les collections l’esquisse peinte des Ulhans, toile déposée par l’Etat au musée en 1875.

La toile que nous proposons aujourd’hui à l’acquisition appartient à la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou Charentes. Commandée au peintre par l’agence Caisse d’Epargne de Libourne en 1890 pour orner le salon d’apparat du rez-de-chaussée de l’immeuble qui abrite la banque, rue Montesquieu, cette toile est proposée en don à la ville de Libourne pour son musée.

                                                   *       *

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Le retour de René Princeteau dans le Libournais à partir de 1883 marque le début de ses grandes compositions célébrant la campagne. A cette date en effet, Princeteau quitte Paris et ses mondanités pour se réfugier dans la propriété viticole familiale de Pontus, à Fronsac, où il va devenir durant une vingtaine d’années l’observateur attentif et passionné de la vie rurale, rythmée par les saisons et les travaux des champs.

Toute la première partie de la carrière de Princeteau, comme en témoignent ses envois au Salon à partir de 1868, ainsi que les toiles conservées au musée, est essentiellement consacrée au monde du cheval. Toutefois, ses innombrables peintures de cracks, portraits équestres ou scènes de chasse à courre ne sont pas sans lien avec le paysage. Elles laissent déjà deviner un goût prononcé pour la nature. Goût qui va pouvoir entièrement s’exprimer à partir du retour à Pontus.

A Pontus, en 1883 donc, Princeteau aménage définitivement son atelier dans une dépendance du château, face au parc, aux prés et aux vignes. Là, il peint désormais des bœufs, des vaches ou des chevaux de trait.

Dès 1884, de nombreux dessins et esquisses conservés dans la famille de l’artiste, ainsi que dans la collection de Libourne (inv.82.3012 ; 82.3013 ; 82.3092 ; 82.3093), montrent que le thème du labour occupe régulièrement l’esprit du peintre. A cette même date, Princeteau réalise un premier Bœuf labourant, toile présentée au Salon parisien sous le n° 1983 et entrée au musée des beaux-arts de Libourne en 1937 (legs Henri Brulle, inv. 37.1.8). On distingue sous la peinture assez transparente du ciel une mise au carreau à la mine de plomb avec des numéros, témoignage du passage du dessin préparatoire à la toile définitive. 

dessins princeteau

dessins princeteau

 Princeteau, boeuf labourant

Nous avons pu identifier, grâce à la rencontre avec son arrière petite-fille, le laboureur représenté sur la toile. Il s’agit d’Emile Guière, régisseur à Pontus. Preuve une fois de plus que Princeteau utilisait prioritairement ses employés agricoles comme modèles dans les toiles de la dernière période.

Toutefois, comme chez ses prédécesseurs Rosa Bonheur ou Raymond Brascassat, c’est l’animal qui, par sa seule présence, domine le paysan et de fait s’impose comme le véritable héros du tableau. Cependant, le bœuf de Princeteau ne se situe pas sur le terrain du réalisme descriptif. Baigné dans des effets atmosphériques outrés, il se place plutôt sous l’ombre tutélaire de Millet : se dégage de la toile le même silence recueilli. On pourrait voir dans Bœuf labourant une sorte de transposition animalière et païenne de L’Angélus. 

Le critique Mario Proth note dans Le Mot d’Ordre du 24 mai 1884 : « Très curieux ce Princeteau. Il y a là un effet point cherché, car la nature l’offre souvent. Le ciel a des lueurs d’incendie formidable, au coucher du soleil. Mais de quelle fantasmagorie bizarre il enveloppe la nature ! Quelles colorations étranges, indécises, folles, heurtées. Où sont-elles ? Ce bœuf labourant s’efforce bien. Très vigoureux, il se détache vigoureusement sur ce ciel bien rendu. Mais ne dirait-on point deux morceaux traités à part l’un de l’autre ? Il n’y a là qu’une demi-concordance d’heure et de lumière. »

Deux jours plus tard, le 26 mai, comme pour confirmer les propos de Mario Prath, le journal La Silhouette publie une caricature de la toile de Princeteau, avec la légende suivante : Princeteau (R.P.) – Bœuf labourant. Où le peintre a peint sa bête noire, et fait concurrence à la Silhouette !

caricature

 

En 1890, Princeteau reçoit une commande émanant de la Caisse d’Epargne de Libourne. Le peintre choisit un thème illustrant la ruralité défendue par la banque, en reprenant son Bœuf labourant de 1884, mais en choisissant un format trois fois plus imposant. Dans ce très grand format, l’artiste pousse les effets atmosphériques à leur paroxysme. Une touche encore plus grasse, une palette sombre, limoneuse, tellurique confèrent à la toile une intensité, une épaisseur une picturalité extrêmes. Le trait s’épaissit, se synthétise pour ne retenir que des silhouettes lourdes, courbées, épuisées par l’effort. Simplification et sens de l’unité des formes sont mis au service de la grandeur de la vie humble.

princeteau, détails

Princeteau, détail

Aussi, les animaux de Pontus, d’une rusticité qui reste exceptionnelle dans la production du peintre, se démarquent-ils aisément, par leur force et leur simplicité, du cheptel plus anodin et convenu proposé par les animaliers du Salon, Veyrassat, Van Marcke ou Barillot. Le Princeteau de Pontus se révèle comme l’un des derniers grands peintres animaliers du XIXe siècle.

Le Bœuf labourant de la Caisse d’Epargne viendrait tout naturellement s’insérer dans la collection Princeteau du musée de Libourne. Réalisé dans l’atelier de Pontus pour Libourne, il a naturellement vocation à rester dans la ville et à être vu du plus grand nombre. Son style, son format et la date de sa réalisation le rapprochent de L’Arrivée au pressoir de 1889, présenté dans les salles du musée (h/t, 232 x 352 cm, inv. 92.3.1).

L'arrivée au pressoir

L’état de conservation de la toile n’est pas très bon. Les surfaces recto/verso sont très encrassées. On peut constater des relâchements et des déformations du support toile, ainsi que des problèmes d’adhésions et de petites lacunes de la couche picturale. En revanche, son cadre, d’origine, est en bon état.

 Thierry Saumier

Bibliographie

Marguerite Stahl, Gentleman Princeteau. Paysages et vie rurale, Bordeaux, Le Festin, mars 2009.